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 Récente trouvaille portant sur Sarah Hanson, épouse de Jean-Baptiste Sabourin

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Sarah Hanson, la fille de John Hanson et d’Élizabeth Meader âgée de seize ans, est parmi les captifs amenés au Québec par les amérindiens suite à un raid tenu le 24 août 1724 sur Nock’s Marsh, New Hampshire, E-U. Deux petits frères de Sarah sont tués lors de l’attaque. Sarah, sa mère, ses deux sœurs et un frère de 14 jours ainsi que d’autres captifs marcheront péniblement pendant 26 jours pour se rendre dans la région de Ville-Marie (Montréal). Un an plus tard, John Hanson réussit à racheter son épouse et ses enfants, sauf Sarah qui avait été confiée à une vieille amérindienne. Au printemps 1727, le père de Sarah tente à nouveau de la ramener mais, en route, il devient malade et meurt le 14 juin à la Pointe de la Chevelure, (aujourd’hui Crown Point), New York où il sera enterré.



Un mois après le décès de son père, Sarah épouse Jean-Baptiste Sabourin, le fils de Pierre Sabourin et Madeleine Perrier. Le mariage a lieu le 27 juillet, 1727 à Oka, Québec.

Les descendants de ce couple se sont souvent demandé si Sarah avait eu l’occasion de revoir sa mère après son mariage. Cette question est restée sans réponse jusqu’à ce qu’une récente découverte nous laisse entrevoir que Sarah et Jean Baptiste ont pu se rendre à Nock’s (Knox’s) Marsh, village natal de Sarah, situé près de Dover dans le comté de Stratford, New Hampshire.

Neuf mois après le mariage du couple Sabourin-Hanson, Charles de Beauharnois, gouverneur de la Nouvelle-France, accorda à Jean Baptiste Sabourin une permission de se rendre en Nouvelle-Angleterre. Cette permission appelée « passebord » est datée du 16 avril 1728

« Nous avons permis au nommé Jean Baptiste Sabourin de partir prochainement de cette ville avec un canot de six places équipé de deux hommes … pour se rendre à la Nouvelle Angleterre pour y vaquer aux affaires de Marie Sara Hanson Donach, sa femme.»
(Bibliothèque et Archives nationales du Québec / Pistard / Document TL4,534,P234).

Une autre source nous apprend qu’à l’été 1728, soit à l’occasion de la visite de Jean-Baptiste et Sarah ou peu après, les gens du village avaient étudié la possibilité de se cotiser pour inciter le couple Sabourin à venir s’établir au printemps en Nouvelle Angleterre. L’auteure Ann M. Little croit que ces pourparlers étaient le résultat de démarches entreprises par la mère de Sarah qui n’avait pas perdu espoir de ramener sa fille, cette fois en compagnie de son époux.

« In the summer of 1728, the Dover Men’s Monthly Meeting considered offering Sarah’s husband, Jean Baptiste Sabourin, a sum of money, to get him in a way to live in this Country” if he “returns from Canada with his wife the next spring to settle and take up his abode here.” In the end, they refused to offer him a set price, but they allowed people to contribute to a fund for that purpose if they so chose. … ”
(Source : Abraham in Arms: War and Gender in Colonial New England 1620-1763, par Ann M. Little, Philadelphia, U. of Pennsylvania Press, 2007, 262 p. Citation-page 151.)

Jean Baptiste et Sarah choisiront plutôt de rester à Oka dans la région du Lac des Deux-Montagnes. Cette décision a-t-elle été mal reçue par sa famille ? On note que Sarah n’est pas nommée dans le document de succession des biens de ses parents du 10 mai 1737. Vers les années 1740, le couple traversera le lac et ira s’établir sur une terre à Vaudreuil (Pointe Cavagnal) auj. Hudson, lot immédiatement à l’ouest de l’intersection des rues Bellevue et Main, près du quai du traversier d’Oka.

Jean Baptiste, dont les talents de négociateur et intermédiaire sont connus, sera nommé capitaine de milice pour Vaudreuil (Division 3 - Anse de Vaudreuil.). La date de cette nomination n’est pas connue mais nous la cernons après son mariage en 1727. En mars 1743, un permis de commerce de traite de fourrures est accordé à Jean-Baptiste par les frères Rigaud de Vaudreuil. Ses frères Pierre et Jacques ainsi que des neveux sont voyageurs.

Parmi les dix enfants nés de l’union Sabourin-Hanson, quatre meurent en bas âge, trois filles, Marie-Anne, Catherine et Élisabeth deviendront religieuses de la Congrégation Notre-Dame de Montréal ; trois autres se marieront : Amable Thérèse (Jean-Pierre Villeneuve), Charlotte (Jean Baptiste Jérôme Raizenne) et Paul (M. Josephte Séguin). Cette dernière a également un lien de filiation avec les Raizenne. Elle est la nièce de Jean Baptiste Jérôme Raizenne dont les parents Josiah Rising / Raizenne et Abigail Nims avaient aussi été capturés lors d'un autre raid effectué en Nouvelle-Angleterre, soit celui de Deerfield, Massachusetts, en février 1704. Une autre fille du couple Raizenne-Nims, Anastasie, épouse le cousin de Paul et de Charlotte Sabourin (enfants de Sarah Hanson); il s'agit de Jean-Baptiste Sabourin, fils de Pierre Sabourin et de Barbe Charlotte Séguin.

TOUS DROITS RÉSERVÉS, Sabourin © 2009



Livres

Récit de l’enlèvement par Élizabeth Hanson, la mère de Sarah.

God’s Mercy, Surmounting Man’s Cruelty, Exemplified in the Captivity and Redemption of Elizabeth Hanson, 1780, 26 pages (Transcription attribuée à Samuel Brownas, prêcheur Quaker.)

Vaughan, Alden T. and Edward W. Clark. Puritans Among the Indians: Accounts of Captivity and Redemption, 1676-1724; Published by Harvard University Press, 1986, 286 pages
(Pages 229-244-Récit d’Élizabeth Hanson et autres commentaires concernant la famille Hanson.)

Derounian-Stodola, Kathryn Zabelle Women’s Indian captivity narratives, Penguin Books, New York, NY. 1998, 356 pages
L’auteure fait l’analyse des motifs probables des narrateurs et des promoteurs (souvent masculins) de ce genre de récit. Elle démontre qu’ils ont tendance soit à enjoliver ces récits en mélodrame pour venir alimenter une propagande anti-britannique et anti-amérindienne ; à les façonner à des fins ecclésiastiques ; ou encore à les esquisser en roman pour exploiter une nouvelle soif de fiction sentimentale, et ainsi, par ces astuces, pousser davantage la vente. Voir ses commentaires au sujet du récit E. Hanson.

Arbre généalogique de la famille Hanson

MEH
Novembre 2009

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